Main tendue, paume vers le ciel

•novembre 6, 2009 • 2 commentaires

Un jour, ce qui s’en vient, devient ce qui a été. Sans faire si gaffe que ça, on se perd. La main que tu tenais, tu la tenais plus vraiment fermement et quand elle a glissé, tu t’es dit que c’était pour revenir. Sauf que ça revient pas. Tu sais plus si c’est toi ou l’autre, mais ça revient pas. Alors, la main que t’avais, là paume contre terre, elle se retourne et c’est comme si, quelque part, tu quémandais, pour un amour, pour un nouveau départ, un nouvel espoir.

Et rien.

Non rien n’y viendra plus jamais, ni mot, ni geste, ni baiser. Et là, jamais, ça se mesure comment ? Sur une vie ? Deux ? Plus ? Ou c’est juste le temps d’aller souffler, d’aller se tester à un autre et dire, finalement, le précédent, c’était bien ? C’est quoi à jamais. Jamais, c’est plus d’espoir, c’est ça ? On reprend, on remballe, merci d’être passé, l’histoire était belle, il faut retenir tout cela, uniquement, passe à la maison à l’occasion.

Paume vers le ciel, ce qu’il reste à recevoir, c’est de l’eau. Salée. Toi, sans t’apercevoir, alors que ta bouche dit tout ce que tu as dans le cœur sans te trahir, tout ce que tu veux entendre de on va y arriver, on va y arriver, tu as ton ombre qui appuie, là, dans un coin pour te dire que jamais, ce n’est plus. Paume vers le ciel, tu peux prier autant que tu veux, croire, avoir la Foi à en déplacer les montagnes, à changer, enfin changer pour de bon, ne plus craindre, tu peux prier, souhaiter en soufflant sur autant de bougies que possible.

Paume vers le ciel, tu peux.

Paume vers le ciel, tu pleures.

Paume vers le ciel, malgré le malheur, tu espères.

Paume vers le ciel, c’est peut-être maintenant, enfin, que tu aimes.

Departure

•novembre 3, 2009 • Laisser un commentaire

départ

•novembre 3, 2009 • Laisser un commentaire

” Une fissure dans la coque. Ce qui s’échappe m’échappe. Mais à bien y regarder, ce n’est ni toi, ni nos souvenirs qui se noient. C’est moi qui me dissout. “

Malaxer

•octobre 30, 2009 • Un commentaire

« … On peut attendre. Se taire. Ou alors tourner sa tête comme celle d’un enfant qui tend la sienne vers le sein de sa mère. On peut tellement en faire, se ruiner les pieds à courir après qui, pour quoi. On peut encore rêver de s’endormir. Ou encore penser à toi qui dort déjà, alors qu’on s’active à chasser le sommeil dans des lits de détour. On peut espérer une paix et ne jamais vouloir la mériter. On peut essayer, tenter l’impossible ou bien rater le plus simple. On peut trébucher, se relever mille fois et ne rien atteindre du regard. On peut. Oui, on peut. On peut aussi malaxer son cœur comme de la glaise, lui donner une forme et toi, un espoir. On peut, même les mains dans le dos, on peut… »

Extrait 6 “Terrienne”

•octobre 30, 2009 • Laisser un commentaire

“Anna –

Ça s’en vient. Doucement, ça fait son nid. Et puis doucement aussi, ça grandit et j’en fais autant. Et même si je prends de la hauteur, j’arrive à regarder en haut, en bas et quelque chose ne m’effraie plus. Enfin, moins. Je ne dis pas que ça prendra pas du temps, que ça ne va pas me déformer ici ou là, mais d’un coup le vertige, c’est une ronde. C’est une valse, un mec qui te fait tourner, tourner dans une danse interminable. Tu lui cries, stop ! arrête ! et tu souris, tu ries. Vous terminez au sol et il s’écroule sur toi. T’as la tête qui tourne tant que t’arrives même plus à viser sa bouche pour lui prendre un baiser. Ça tourne et ça te libère. Putain, ce qu’il était temps. Là où tu es, bizarrement, c’est un peu cotonneux. Tu sais que ça va être lourd, que ça va être pas évident tous les jours, mais ça pousse, hein ? Ça pousse au cul. Mais il est bon, lui, il est bon. Je ne te garantie pas des lendemains qui chantent, mais des roses sous les pieds. A toi de voir, de marcher sur les pétales ou sur les épines. Je peux t’éduquer avec ce que je peux, et toi, tu m’élèveras où tu veux. On y va ? On le fait ce bout de route, dis ? Souris-moi, oui. Merci. Bienvenue au monde, l’Espoir.”

Extrait 5 “Terrienne”

•octobre 29, 2009 • Laisser un commentaire

“Anna

– Oublier, c’est un trou. Merde. Le vertige. Encore. Si encore ça s’envolait un oubli, mais c’est souvent un truc qu’on enterre parce que ça n’a pas d’importance et parce que ça traîne et que ça gâche la vue. Ou alors parce que c’est de trop, que c’est trop lourd, que c’est comme chimique, comme nucléaire et on creuse, loin. Mais ça finit toujours par irradier un oubli, ça finit toujours par te contaminer et t’es là, comme bouffée par un crabe que t’as pas vu venir et dont t’aimes pas le regard et que c’est pour ça que t’as détourné le tien. Un oubli, quand ça revient, tu saisis, tu comprends les profondeurs de peau. Et le vertige. Merde. Encore. Ma tête qui tourne et mon ventre à l’envers et le piano qui se déforme. Ça en fait du monde, ça en fait des choses. Va vomir, Anna. “