A J.

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Toi, t’as fait ton boulot.

Derrière, les autres

Nous autres,

On commence le nôtre.

 

J., toi, je te connais,

Quand elle est venue

Tu lui as dit

T’as tout faux.

 

T’as pas fini de la dérider.

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Le chemin

Ça pèse combien un deuil ? La peine, c’est en litres, c’est en coup de couteaux dans le bide qu’on la mesure ?

Là, je regarde ce coucher de soleil, y cherchant un adieu, un geste de la main, tu vois, comme un mouchoir agité par une vieille main depuis un wagon. Le type à la casquette a sifflé, la locomotive s’est mise en branle et puis ça part. Et toi, sur le quai, tu cherches un cailloux pour taper dedans, pour t’oublier, oublier tout ça. Oublier ton envie de courir après le train que tu voudrais arrêter et que tu ne peux même pas ralentir. Mais y’a rien à envoyer au loin, surtout pas les souvenirs.

Ça pèse combien un deuil ? C’est long comme un couloir de la mort ou ça emprunte tout ce qu’il y a de plus sinueux dedans ?

Moi, je ferme. Je verrouille, me déshumanise un peu plus à chaque départ. Un jour, enfin, je ne sentirai plus rien. Pas par défi, mais par survie. Un jour, enfin, devant la mort, je serai plus froid qu’elle.

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Les jours de pluie (ext)

« 

Ma langue vient de tomber. Je n’ai pourtant rien entendu. En plus de devenir muette, je me fais sourde alors ? Je me regarde dans un reflet de fenêtre et, après maintes tentatives, admet que si mes lèvres peuvent encore bouger, pas un son ne sort. J’ai dû appuyer sur un mauvais bouton à l’intérieur, baisser brusquement le volume par erreur. Mais c’est comme si mes cordes vocales s’étaient foulées ou faits la plus violente des entorses avec ruptures de toutes les fibres croisées.

Merde.

Et merde.

En plus, je ne peux plus le dire à personne que je me suis cassée la langue, je n’ai plus l’usage de la parole justement. Ils vont me crier dessus, me demander des tas de choses auxquelles je ne vais pas pouvoir répondre.

Et moi ?

Et moi ? Comment vais-je pouvoir me parler maintenant ?

 

«