Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de juillet, 2008

Jeunisme

J’ai quand même une mère au-delà du réel.

Quand je la vois regarder la messe, tout en sirotant un Red Bull, je suis à deux doigts d’aller vérifier si elle n’a pas été rajouter de la vodka pour pousser le vice…

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L’erreur nocturne

 » Incroyable, tous ces putains de bars ferment à 2h, c’est à mourir d’ennui. Et pas une seule fille avec des triceps dignes de ce nom. Le problème, c’est que je ne fume même pas. la cigarette en passe temps, ça donne de la contenance. Et là, nan, t’es sur un pont, la ville dort par endroits, gueule ou dégueule de l’autre. Par là, c’est plus la foule, c’est la faune. Si j’avance, c’est un poing américain qu’il me faut. Mais j’ai pas de poing américain, j’en ai qu’un français, avec des petits os fragiles, je tape dans une porte et je suis bon pour apprendre à écrire avec les pieds. alors non, merde, demi tour.

J’ai des pensées à la con sur le parvis de la bibliothèque, des notes de musique qui me tapent ici et là. J’erre d’heure en heure. à la prochaine, faut que je descende à ma station. Et d’ailleurs ici, c’est même pas chez moi. Chez moi, c’est même pas dans ma tête trop habitée. Ces paupières ne clignent pas. Elles ne cèdent pas devant la fatigue. Putain d’animal insomniaque.
T’appelles qui à trois heures pour partager les nuits sans sommeil ? Tu te retournes, la fille dans le lit, elle a le sommeil tellement lourd que son corps semble mort. Alors t’appelles personne, même Morphée, cette salope de divinitée s’est tirée avec ses belles promesses. De beaux rêves, je t’en foutrais, moi…
Et pas une seule fille avec des triceps dignes de ce nom. Parce que j’aime pas les bras mous. C’est laid. Quand ça s’agite avec le peu de viande se met en branle avec inertie, c’est ma définition du tue-l’amour. Une fille avec des triceps bossés, c’est tonique, c’est beau, ça donne envie de croquer, de saisir.
Alors, à trois heures de matin, en trouver… Dans la tête peut-être. Si t’en connais pas, t’en inventes.
A trois heures du matin, pour parler de ton insomnie, t’appelles personne, t’en appelles juste à ton imagination. »

Chocolats, plombs, irlandais, tout pour plaire

Très franchement,

pour le moment, c’est le film de l’année pour moi (oui, oui, même devant mes super héros en fer ou tout vert…). Voilà juste du cinoche comme je rêve de le voir en France, mais c’est furieusement pas possible, le mélange des genres, ça rend dingues les producteurs et les diffuseurs ici bas, je le vis assez avec Louis-Pascal…

Bref, en attendant que les mentalités changent (et pourquoi pas Godot dans le même temps), il y a là l’humour, la mélancolie, toute une puissance tragique et des interprètes de premier ordre. C’est pas difficile, c’est anglais, c’est donc sur le toit du monde. Ce film m’a mis la tête à l’envers et remettant mes idées en place, c’est dire. Et la musique est superbe.

Ne vous fiez pas à la bande annonce qui ne met pas grand chose en avant, le mec qui est chargé de vendre le film s’est carrément planté, mais allez-y et dites m’en des nouvelles.


La nuit, en attendant… ext

 

« 

Parfois, je me demande quand sera la dernière fois que je le verrais. Quelle dernière fois, elle, posera son regard sur moi. De Fabien à Lou, il y a juste un jour où ce sera le dernier. C’est peut-être pour cela que je me retourne plusieurs fois dès que je les quitte et je vois toujours la même chose. Certains le savent et me regardent aussi, sourire en coin. D’autres marchent, s’enfoncent dans la bouche du métro et disparaissent.

Et si cette fois avait été la dernière ?

Mon esprit n’est pas morbide, il s’interroge. Il est peut-être trop conscient de la futilité des choses, de la fragilité de chacun. Il a la peur au ventre du temps qui passe, la crainte des séparations et la joie des retrouvailles. Un dernier regard me terrifie. Je le garde en mémoire jusqu’au prochain. Je dois être d’une inquiétude sans nom. Tu comprends ma souffrance lorsque je ne me reconnais plus dans la glace. D’ailleurs, je ne me souviens plus de la dernière fois où je me suis vu. La seule chose dont je me souvienne, c’est que je ne me suis pas retourné.

« 


De passage

Chères

Chers

Désolé de tout ce silence, mais je suis rincé. Ca fait un an et demi que je ne sais plus vraiment à quoi ressemble le ciel, mes doigts sont engourdis autour de la plume, mes yeux sont à ramasser, je travaille en même temps sur le Vaio et sur l’ordi maison, entre les musiques, les pièces, les scénarios, les chansons… J’ai compté, je suis à la tête de neuf projets que je fais avancer. On me demandait l’autre jour si j’avais un gnon à l’oeil et nan, c’est l’insomnie qui commence à marquer sur le bord des yeux. Les trois semaines à La Roche, je vais les passer sous antidépresseurs et somnifères… ou plutôt avec des huîtres et ma guitare. Je vais y faire voeux de silence et bannir les mots de mes doigts. Je touche ma limite. En fait, je l’ai dépassée.

J’arrête.

L.