Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de septembre, 2008

D-énervé

« T’es un grand homme,

Tu as raison. Ceux qui sont passés avant ont fait des erreurs, ceux qui tu as engendrés ne font rien de mieux. Et toi, tu es au milieu, à donner les bons points, à montrer ta force, mais surtout ton impuissance. Tu te souviens ? Vient toujours le jour où, à force de merder, ces personnes qu’on aime le plus, on est obligé d’aller leur dire « va te faire foutre ».

T’es un grand homme, oui. De plus en plus seul. « 

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Bilan

Voilà

En six jours, j’apprends que trois de mes pièces vont être montées, à Rennes, à Bordeaux, à Pau, une autre à Nice avec programmation aussi à Paris et en Suisse, ils remettent un petit tour de Y’a des nuits. Très bien. Ensuite, on m’appelle pour être parrain d’un festival de théâtre à Lille. Surprenant, mais je prends. Pour sublimer l’ensemble, un acteur « moliérisé » et une actrice « césarisé » disent oui à « Des espoirs en bandoulière »…

Bon, il y a toujours autant de chemin à faire, mais des semaines comme celle-ci, j’en reprends une pour la semaine qui vient et les autres, merci.

En même temps, elle finit avec ça en moins aussi…

Bye Paulo, comme dit Clooney, t’as mis la barre trop haute…


Où il est question d’arbres

Ben voilà,

le 21 est donc passé. And also the trees et leur concert à l’Alhambra aussi. On est sorti de là avec Patrick comme deux épaves. Il va falloir quelques jours avant de comprendre ce qu’il s’est passé dans cette jolie salle (à l’acoustique somme toute moyenne, faut il préciser – de plus, des sièges pour un concert, bof bof). And also n’est pas de ces groupes binaires, que j’adore au demeurant, mais c’est une musique compliquée, toute en nuance et en tension. N’y chercher pas des couplets ou des refrains, ce n’est pas ce qui est important. Non, l’important, donc, ce n’est que cette tension que les frères Jones et leurs camarades s’amusent à faire vaciller au gré de chansons qui jouent sous forme de vagues d’intensité.

Simon Huw, le chanteur, impayable statue du Commandeur, immobile par endroits, voix qui ne chante pas mais qui vibre, sombre, grave et d’une justesse étonnante, s’est lancé dans deux moments de violence avec son pied de micro qui ont donné le sentiment qu’il pouvait nous éclater la tête à tous, rien qu’en éternuant. Justin, le frère, derrière sa guitare, son son à la Shadows, les effets et cette dexterité de la main droite qui jouent comme sur une mandoline. Ce garçon ô combien talentueux se retrouve dans des positions que le corps humain n’apprécie guère, le tout en continuant à jouer parfaitement ces riffs meurtriers, complexes, des ritournelles fleurtant avec le folk, le jazz et lorsqu’il faut balancer des solos plus rock, on le trouve là, penché, ou le regard hypnotisé, la guitare vissé sur le ventre. Ca doit être ses tripes qui jouent. C’est pas possible autrement.

Le reste du set est de la même qualité avec la mention pour le nouveau bassiste – contrebassiste, d’une précision hallucinante, dans la nuance et d’une belle présence. Il a pu taper des accords sur les 20htz qu’on n’a pas entendu, mais juste ressenti comme des coups de couteaux dans le foie.

Une première partie fut l’occasion d’écouter sagement la plupart des morceaux du dernier et sublime album. La seconde, pour jouer l’album sorti il y a 20 ans « Virus Meadow » pour que ça devienne électrique dans la salle. Et des rappels pour qu’on termine debout, prêt à vouloir péter ces foutus fauteuils, les doigts jouant toutes les notes, les bras battants la (dé)mesure, la tête démantibulée, l’esprit ailleurs entre les notes… « Shaletown » s’en est fini sur une note de guitare, un dernier effet et nous a laissé, là, sur le trottoir, avec le père Patrick, à se dire qu’il pourrait même y avoir Royal à la tête du PS que ce serait pas grave.

On a morflé, on a pris sévère.

Patrick doit encore marcher de Répu à Quai Voltaire.

Moi, je commence une psychothérapie demain.


Mélan-alcoolique

J’cloue des clous sur les nuages.

Des cadres

Des photos

Tout ce qui a jauni

Mais à souffler dessus

Pas de poussières

Et la flamme de ce qui n’est plus

N’est pas prête de renoncer.


Aimer, si t’as le mode d’emploi, je te l’emprunte

« – Et là, je me suis retrouvé dans une situation gaguesque lorsque le patron…

– Ta gueule.

– Hein ?

– Je t’aime.

– Euh, qu’est-ce que… quoi, comment ?

– Je t’aime.

– Oui, j’avais bien entendu la première insulte.

– Ta gueule ?

– Non, « je t’aime », balancé comme ça, c’est même une agression. Tu m’aurais dit que ma mère suçait des bites en enfer, j’aurais trinqué à sa santé, mais là…

– Je t’aime quand même.

– Mais quoi ? Où ça ?

– Ben, partout sur terre.

– Oui, quand même. Ca fait beaucoup. Ca aurait pu rester dans ton lit, non ?

– Ben, ça a commencé dans mes rêves, mais ils sont devenus trop petits. Et un amour comme ça, à l’étroit, ça étouffe. C’est pour ça que je te le dis. Que ça sort, comme ça.

– Ah ben, oui, mais fallait avorter plus tôt. Parce qu’il est mort-né cet amour là.

– Je sais, je l’ai intubé tout ça, je l’avais prévenu. Mais bon, il en à fait qu’à sa tête. Qu’à son coeur plutôt. Enfin, son coeur, c’est le mien, ce con.

– Fallait pas lui laisser.

– Tu crois que je m’attendais à ça ? De la part d’un amour si fidèle jusqu’ici, qui ne s’accordait aucune chose impossible, non, que des cibles extrèmement faciles d’atteintes, des petites flammes de vacances, rien qui pique, rien d’insaisissable. Et là, avec toi, je sais pas quelle lubie l’a pris. Il me dit « t’en fais pas, je prends ton coeur, je te le rends, un truc à faire avec ». Tu crois que je l’ai revu ? Ben nan. Il me l’a chouravé. J’ai même cru que t’étais de mèche avec lui.

– Non, j’ai arrêté de choper les coeurs des filles, moi. Je sais plus où les mettre, mes placards sont pleins à craquer, j’en retrouve quand je fais les moutons sous le living room, y’en a des cassés derrière les meubles de salle de bains qui étaient tombés je sais plus quand. Ah nan, c’est fini ces conneries. Moi, là-dessus, Madame la juge, je plaide non coupable.

– Je suis d’accord, mais en même temps, ton casier, il est pas vierge. Là, tu vas prendre perpet’.

– Avec toi ?

– J’aurais bien aimé, mais bon. On met jamais les voleurs chez les gens qu’ils ont dérobé.

– Bon. Ben, on n’est pas dans la merde.

– Oh, toi, ça va, c’est pas ton coeur qui va te manquer. Ce qui est bien maintenant, c’est que je suis vide. J’arrivais plus à bouger à l’intérieur. Là, pour le coup. C’est déboisé. Je savais pas que c’était si grand chez moi.

– Ben, quand on voit la taille de ton « je t’aime », on se doute que c’est pas un studio de 12m². La table où tu l’as déposée vient de flancher sous son poids.

– Oui, j’ai le coeur lourd. Et il est à tes pieds.

– Je le ramasse pas, tu comprends, pour pas qu’il y ait d’ambiguité. En plus, ce genre de truc, l’amour, tout ça, ça se refile assez facilement.

– Non, non, pas de problème, je comprends. Je vais juste aller chercher un tractopelle pour le reprendre.

– Ah ?

– Quoi ?

– Il bouge encore.

– On dirait oui.

– Le problème, c’est qu’il a une valve de pétée on dirait. Ah oui, elle est bien pétée, même. Craquée.

– Ben, laisse-moi, faut l’achever, je voudrais pas que t’assistes à ça. C’est jamais génial comme spectacle. Merci pour tout. Enfin, pour le rien que tu m’as donné en retour. Au fond, bien au fond, ça doit me faire du bien.

– Je t’en prie, si je peux rendre service. Tu as besoin d’aide.

– Nan, t’en fais pas, j’ai lu mon « faire une déclaration d’amour à sens unique pour les nulles », je suis au point là. « 


Juke Box

Après avoir fait semblant d’être auteur, je fais semblant de faire de la musique. Bref, voilà donc les 5 plus grandes chansons de mon Histoire à moi que j’ai et qui m’inspire au quotidien…

Tout d’abord, le patron…

Bashung

Ensuite, LES patrons

DM

Bien évidemment, la voix qui me fait le plus vibrer de tous les os

Grant Lee Buffalo

La plus belle chanson du père Smith

« From the edge of the deep green sea »

Bon, là, j’ai pas trouvé The Flatlands, mais And also the trees, ça reste tout en haut.