Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Où il est question d’arbres

Ben voilà,

le 21 est donc passé. And also the trees et leur concert à l’Alhambra aussi. On est sorti de là avec Patrick comme deux épaves. Il va falloir quelques jours avant de comprendre ce qu’il s’est passé dans cette jolie salle (à l’acoustique somme toute moyenne, faut il préciser – de plus, des sièges pour un concert, bof bof). And also n’est pas de ces groupes binaires, que j’adore au demeurant, mais c’est une musique compliquée, toute en nuance et en tension. N’y chercher pas des couplets ou des refrains, ce n’est pas ce qui est important. Non, l’important, donc, ce n’est que cette tension que les frères Jones et leurs camarades s’amusent à faire vaciller au gré de chansons qui jouent sous forme de vagues d’intensité.

Simon Huw, le chanteur, impayable statue du Commandeur, immobile par endroits, voix qui ne chante pas mais qui vibre, sombre, grave et d’une justesse étonnante, s’est lancé dans deux moments de violence avec son pied de micro qui ont donné le sentiment qu’il pouvait nous éclater la tête à tous, rien qu’en éternuant. Justin, le frère, derrière sa guitare, son son à la Shadows, les effets et cette dexterité de la main droite qui jouent comme sur une mandoline. Ce garçon ô combien talentueux se retrouve dans des positions que le corps humain n’apprécie guère, le tout en continuant à jouer parfaitement ces riffs meurtriers, complexes, des ritournelles fleurtant avec le folk, le jazz et lorsqu’il faut balancer des solos plus rock, on le trouve là, penché, ou le regard hypnotisé, la guitare vissé sur le ventre. Ca doit être ses tripes qui jouent. C’est pas possible autrement.

Le reste du set est de la même qualité avec la mention pour le nouveau bassiste – contrebassiste, d’une précision hallucinante, dans la nuance et d’une belle présence. Il a pu taper des accords sur les 20htz qu’on n’a pas entendu, mais juste ressenti comme des coups de couteaux dans le foie.

Une première partie fut l’occasion d’écouter sagement la plupart des morceaux du dernier et sublime album. La seconde, pour jouer l’album sorti il y a 20 ans « Virus Meadow » pour que ça devienne électrique dans la salle. Et des rappels pour qu’on termine debout, prêt à vouloir péter ces foutus fauteuils, les doigts jouant toutes les notes, les bras battants la (dé)mesure, la tête démantibulée, l’esprit ailleurs entre les notes… « Shaletown » s’en est fini sur une note de guitare, un dernier effet et nous a laissé, là, sur le trottoir, avec le père Patrick, à se dire qu’il pourrait même y avoir Royal à la tête du PS que ce serait pas grave.

On a morflé, on a pris sévère.

Patrick doit encore marcher de Répu à Quai Voltaire.

Moi, je commence une psychothérapie demain.

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