Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de juillet, 2009

A paris, la nuit

Paris, la nuit,

on donne dans le coup de pédale, même quand la dynamo a décidé de se faire la malle, alors on traîne sous les réverbères et  on espère qu’on saura vous éviter. A Paris, la nuit, les sens ne sont plus interdits et ma tête est lourde de sens. Je fais des écarts, voit une blonde, en boit une autre et découvre les Invalides, moi et ma patte un peu moins folle. Je tiens mon chapeau de temps à autre quand la vitesse se fait excessive.

Est-ce la pièce en plus, ou la partie en moi de moins que je ballade. Et ces montagnes de questions où j’ai beau crier, mais où aucun écho ne subsiste.

Les Tuileries. La grande roue. Tout est bon pour prendre de la hauteur. Mais je me désespère, le pied sur le plancher. Et j’embrasse celle qui me vient. Et j’embrasse mon départ et la fuite dans les idées. Je détalle. Et quelles sont les idées qui m’embraseront pour la suite des trois petits points ? Les pensées s’accumulent, les sujets et les personnages lèvent les doigts. Chacun y va de son sujet. Je sors les dents, les serre au premier écart.

Je largue tout le monde sur le bord de la route.

Paris, la nuit, les ponts. Envisager le plongeon. Renoncer faute de public ou de courage. Par contre, y jeter le noir. Il saura nager et me retrouver. Mais pour ce soir, bonsoir tristesse.


Exergue – Bouquet Final

” … D’un mot, il résume ses attentes. Et “encore” vibre à ses oreilles, à elle. Ce mot-là aura-t-il trouvé sa place, sera-t-il assez creux, assez profond, assez large pour y recueillir le désir, l’amour et le manque qu’elle lui inspire ? Est-il celui qui comble, qui rassure et qui ne s’use pas sur le temps, qui ne s’affaisse pas devant le poids, qui ne plie pas face aux vents contraires ?
Encore. Ça lui est venu comme une évidence, comme pour la clouer sur place, sur la croix de leurs envies. Partout où il a cherché, il n’a découvert que ces deux syllabes. Sa bouche ? Encore. Sa langue ? Encore. Des pieds au bout des cheveux ? Encore. Quid des larmes, de l’âme et du sang ? Encore.
Il a dessiné ces six lettres dans l’air et lui laisse les recevoir tout en partant et en tournant le dos. “Encore”. Elle chavire. Il est sûr de son effet, fier et droit, entend sa cape claquer au vent et repart vers d’autres aventures. Il tourne la tête et un son lui vient à ses oreilles. C’est elle. Elle répond ? … Elle répond à “encore” ? A ça ? Et par quelle insolence se permet elle ? Et qu’a-t-elle à user comme salive pour trouver à y redire ?
Le son prend forme et se déguise aussi en un autre mot.
“Toujours”
Elle a dit “toujours”.
Elle repart. Sa cape claque au vent et disparaît dans un angle de rue.
Il reste. Ses dents claquent ou se déchaussent. “Avec panache” disait Cyrano. Avec panache, elle vient de le tuer. Encore.”


Ce figé de moi

” Dans l’espace d’une seconde, dans un centième d’elle, j’aurais aimé que mes yeux figent cet instant de bonheur. Faire un clic pour ton geste sur ma joue. Faire un clac pour ne jamais oublié le “je t’aime” qui claqua sur ta langue. Pour glisser l’éternité entre les deux…
Et voilà que mes paupières se ferment. Me revient alors ton premier pas vers moi, immortalisé dans cette photo. Et ma mémoire nous feuillette, par clichés, par quelques chuchottements qui me sussurent “j’ai été là”. Que ce soit sur le papier qui jauni ou sur des flashs, comme une brise fraîche de printemps, où que je sois, ces images gardent en souvenir cet enfant que tu as fait de moi. “


Spéciale Dédicace

« C’est pas une maladie la solitude, c’est peut-être justement le seul lien qu’on peut partager. Parce qu’on ne peut pas la briser sans s’échouer. C’est cette histoire, c’est la mienne, c’est la nôtre : Solitude et Solitaire sont sur un bateau. Solitude tombe à l’eau, qu’est-ce qu’il reste ? Rien, Solitaire se met à l’eau parce que sans elle, il n’est plus rien. »