Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Néant

« Je disparais. Par réflexe. Morceau après morceau. J’ai laissé ici ou là quelques bonnes parties, du moins, les moins mauvaises. Mais le coeur, non. Lui, a-t-il trop battu, rabattu la même chanson à de dociles oreilles, il ne mérite que l’oubli et l’évanescence pure et simple. Ce fameux singe qui mange le crâne chez Burroughs en fait de même chez moi. Il ne restera bientôt plus rien, à peine quelques preuves et des traces que la première marée un peu plus haute que les autres viendra effacer. Est-ce ainsi qu’on survit en s’évitant ? Si j’avais la réponse, je n’en serais pas là, à gratter sur les photos pour m’y effacer. C’est peut-être un peu de pudeur mal placée, mais du néant, il m’a toujours semblé qu’on était à la meilleure place pour demander de l’aide. »

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3 Réponses

  1. D.P.H

    de néant à anonyme,d’anonyme à commun,combien sommes nous à ainsi tenter d’éffacer,de s’éffacer?il n’y aurait pas grand chose à faire car sur les centaines de photos perdues dans les tiroirs si peu sont là pour pouvoir dire j’y était…
    de quand date la derniére?bizarre,a peu prés aux premiéres heures du numérique.
    il est vrai que l’on aurait pu trouver aux termes employés pour l’épreuve quelque chose de prémonitoire…tout part du négatif pour se définir sur « papier glacé »,meme si pour cela la technique veut que l’on utilise quelques sels d’argent…mais ne l’a t-on jamais assez répeter « l’argent ne fait pas… »
    depuis on ne cesse de fuir l’objectif,histoire de ne pas retomber dans les vieux clichés,et si par hasard le paparazzi nous surprend il aura vite fait de clicker sur »corbeille »…c’est si facile.
    pour ne plus dire le fameux »cheeeees… »,il n’y aura meme pas de dessert…
    alors que l’on vient a peine de faire la photo,on s’attaque déjà à démonter…la…piéce.c’est quoi ce jour?…un vieux cliché…

    août 29, 2009 à 8:38

  2. le sable est rien
    la trace est rien
    mais la limite ente eux est
    l’existence même

    janvier 29, 2011 à 5:29

  3. Je viens de mettre en ligne un billet sur les raisons philosophiques d’être indigné :
    serez-vous indignés ou heureux? (mais attention, car dès qu’on l’accepte, inexorablement, le monde glisse dans le néant)
    De tout cœur avec vous, et à bientôt…

    juin 30, 2011 à 6:22

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