Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Extrait 4 « Terrienne »

« Anna –

Je suis sortie, j’ai marché, j’ai marché, le pianiste avait repris son air désespérément triste, mais de manière plus claire, comme s’il voulait que je l’entende un peu mieux. Un peu de pluie sur mon parcours, suffisamment de clapotis dans le caniveau pour que je m’arrête sur un banc mouillé à regarder les gouttes d’eau s’achever ici. Ma tête a fini par être trempée et j’ai imaginé, imaginé que mon visage était un maquillage et qu’il allait, là, dégouliner et que derrière, le premier passant allait voir ma vraie gueule… sans bien savoir à quoi elle ressemblerait. Bien que le pianiste y tenait fermement, je n’ai pas lâché la barre, je n’ai pas pleuré, rien. J’ai laissé la pluie faire illusion, juste encore un peu. L’illusion, son encre, à un moment, elle aussi dégoulinerait. « 

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