Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de mars, 2010

Actu Lloydienne

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Sablier

 » J’imagine que tu dors. Du moins, j’ai envie d’y croire. Un oreiller entre les jambes, la tête
collée dans ton oreiller et le souffle un peu lourd, à quoi tu rêves ?

Tu sais, tout ce temps perdu, ça me tue, moi, ça me tue. Je vois toujours les mêmes choses. On commence, on en a plein les mains, on dit ouais, super, on va en profiter, on s’en fout même si on en gaspille un peu en chemin, regarde tout ce qu’il y a.
Alors, on s’arrête, on butine, on tape dans les cailloux, on fout rien parce qu’on veut rien foutre, on tourne sept sa langue dans la bouche de l’autre, on s’imagine que c’est dû. Et puis, on regarde la main et déjà tout ça s’est échappé. Tout ça ? Tu t’exclames. Oui, tout ça et maintenant, il en reste suffisamment pour que tu puisses compter.
A quoi tu rêves ?
Parfois je me dis que je ne corresponds à rien, avec juste ce grand vide en moi que je n’arrive pas à combler. Aucune direction ne semble la bonne, je suis paralysé, anesthésié. Ton cœur s’emballe, mais non, ne t’en fais pas, la lame est loin de mes veines. Mais peut être qu’on meure aussi quand on arrête de respirer si longtemps. Mon apnée est assassine. Je ne sais plus par quel sentiment passer pour trouver le bon. Celui qui mène où il faut. Je n’ai que les poings serrés. Et le coeur comme étouffé.

A qui tu rêves, là ?
Pas à moi, sûrement pas à moi. Est-ce qu’il s’agit de partir seul, accompagnée, de quoi, de qui, ou alors d’avoir un regard à l’horizon. Le mien se pose sur toi. Avec tendresse. Et déjà, dans la main, tu t’es comme échappée, comme le temps qui s’est faufilé.

A quoi tu rêves ? A tout et j’y suis sûrement de moins en moins.
J’ai relu des pages infinies
Et je t’ai vue sous chaque virgule.
Oui.
Quelqu’un me manque ce soir
Et je me manque depuis longtemps.
Depuis que ma main est vidée.

A quoi tu rêves ?

Dis -moi là où t’es, et si j’y suis plus, fais moi signe. »

Droit devant

Il s’agit parfois, aussi simplement qu’adresser un au revoir, de dire d’aller se faire foutre. A bien y regarder, ça aussi, ça fait partie du lâcher prise. Alors, on va faire le tour du pâtée de maison, prends un peu d’air et si au retour, le doigt est toujours dirigé vers la porte, faut arrêter, ça devient de l’acharnement thérapeutique, faut arrêter…