Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de janvier, 2011

A Déborah, à Anthony


A force de me répéter en ce moment, devant le beau public qui vient découvrir « Des Accordés », je finis par me dire qu’il me faut écrire cette lettre ouverte.

Au mois de mai 2010, après une année harassante qui m’a vu écrire douze pièces en douze mois, je trainais mes savates au marché du théâtre, place Saint Sulpice, marchant, il faut bien le dire, à côté de mes pompes et le plus clair de mon temps sur mon moral. C’est là que j’ai rencontré Anthony et Déborah, aperçus à l’époque au Cours Viriot, où j’avais pris l’habitude de dénicher comédiens et où je pouvais venir faire une lecture avec certains d’entre eux.

Ils travaillaient sur leur pièce qu’ils devaient monter à Avignon. Le courant est vite passé. Il fallait faire vite de toutes les façons. En quelques semaines, ils ont écrit « Couples en crise (de rire) ». J’ai eu bien du mal à la réécrire et à essayer d’y trouver un espace pour y laisser des traces, mais nous sommes arrivés à la monter et c’était parti pour le mois de juillet. Au final, la pièce n’a pas vraiment marché. Tout était assez flottant, monté dans une urgence pas très maîtrisée. Mais il s’était passé un truc… Va savoir quoi.

Nous nous sommes revus en septembre, puis en octobre de cette même année. Ils avaient, selon mes conseils, pris une grande option pour une grande programmation au Laurette avec de nouveau Avignon en point de mire. Mais avec quoi ? … Et il y eu ce Starbuck’s où Déborah arborait son bonnet sur ces longs cheveux blonds et bouclés. « Tu me fais penser à un clochard céleste » lui dis-je. Et puis, j’ai commencé à improviser le début de l’histoire devant eux deux. Ces deux paumés, une guitare, une histoire tendre. Une heure plus tard, je leur envoyais le titre. Et au mois de novembre, entre un lundi et un mardi pluvieux, j’écrivais les quarante pages de cette pièce.

Aujourd’hui, alors que la programmation a commencé et que les premiers retours sont là, je les regarde ces deux-là. Deux OVNIs parmi les jeunes comédiens. Humains, honnêtes, sincères. Et travailleurs.

Je veux, par ce petit billet, leur dire merci, de la confiance, de la reconnaissance et de l’envie retrouvée qu’ils m’ont communiqué. Je revois en eux l’énergie et la Foi qui agitaient certains d’entre nous il y a plus de dix ans. Les Fred, Meurin & Kaminka, Charles Ams, Claude Lebas, Anne Abel ou Christelle Barrilliet. Nous avions cela et cela nous portait comme ça les porte aujourd’hui.

A l’heure où je vois Déborah incliner la tête timidement devant les compliments et le sourire d’Anthony dépasser ses lèvres lorsque les applaudissements arrivent, je veux leur rendre mon petit hommage particulier et, à mon tour, toute la reconnaissance que je leur donne.

Cette histoire ne fait que commencer. Pour la partager avec nous, rendez-vous tous les dimanches à 19h au Laurette théâtre…

 

crédit photo : Emilie Deville

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Teaser

Voici quelques petites images… « Des Accordés » commence ce dimanche 9 janvier.

Et retrouvez  « Des Accordés » sur Facebook, be friend !


Ce serait comme un merci

Depuis le temps que je « blogue », d’ailleurs, cela fait un temps certain, depuis 20six, la première plateforme de blog que j’ai expérimentée, je me rends compte que je n’ai pas remercié quelques personnes importantes.

Regardant quelques statistiques de mon tableau de bord, j’ai pu constater qu’un nombre croissant de lecteurs viennent ici, simplement pour lire, s’abonner, laisser des commentaires (ou des numéros de téléphone, mais désolé mesdemoiselles, ma mère m’a toujours dit de ne pas appeler les filles que je ne connaissais pas… sauf si elles se présentent avec des fraises Tagada ou autres sucreries), ou mettre en lien ce site. J’ai pu aussi voir que d’autres ont débarqué ici en tapant sur leur moteur de recherche « sexe gratuit » ou « comment enfoncer un clou » … J’ai essayé de comprendre, mais il me semble que les voies de Google sont elles aussi impénétrables.

Cela étant énoncé, je veux remercier chacun d’entre vous qui viennent ici, qui partagent ces pages sur leur propre réseaux, portant avec eux ma parole qui ne sait, toutefois, si elle est bonne.

Pour m’avoir fait découvrir ce mode de communication, Guillaume, je pense à toi, à mes propres liens, à celles et ceux avec qui je converse de temps à autre, de la manière la plus sincère qui soit, André, Anita, K., Stefan, Louise, Alain, Laure-Hélène ou Elodie… Je suis aussi sensible aucx clins d’œil de quelques uns qui me touchent en me citant ici ou là.

Je pensais que ce serait comme un merci, mais ce n’est pas comme, c’est un merci.


2011 et quelques espoirs…

Alors, t’es comme ça toi, 2010… ça ne t’es pas venu à l’esprit d’être différent, de pousser l’idée un peu plus loin, d’avoir l’originalité de durer un peu plus que quatre saisons.
Et encore, je parle de quatre… C’est quoi ce boxon ? L’automne en été, l’été en automne, le printemps, on le cherche depuis 1976 et cet hiver, faire du ski de fond sur le périf’, c’est hype…

Pourtant, quand tu t’es pointé, il y a un an, t’avais ton petit sourire au coin des lèvres, un peu de classe, un je ne sais quoi d’assurance qui nous aurait fait répondre « rien » à la question « What else ? ».

Et là, tu t’en vas, à toute berzingue, en nous laissant quoi ? Deux présidents en Côte d’Ivoire, aucun en Belgique, deux Miss en France, un peuple haïtien qui s’est trouvé des bonnes excuses pour ne pas venir manifester contre l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, des galettes de pétrole pour les cent ans à venir – garanties sans aucunes fèves – offertes par BP, Indochine au Stade de France, Mylène Farmer sponsorisée par Tf1 qui ne sait pas si elle dit oui ou non, le tout sur une chorégraphie ou des mecs avec des drôles de perruques dansent dans du lait (le réalisateur du clip est attendu pour une audition à St Anne) et Noir Désir au Pôle Emploi… Ceci n’étant, bien évidemment, qu’une liste non exhaustive des stigmates de ton passage éclair.
Nan, franchement, ça fait pas sérieux sur ton C.v.

Alors, perso, je dis bye, arrivederci, vaya con Dios, get the hell outa’ here !

Ah ! Et puis, te voilà, toi, 2011

T’es belle, 2011, t’es une fille parce que c’est comme ça, parce que j’ai envie que tu sois cette jolie nana. Celle-là, oui, à la petite fossette aux commissures des lèvres. Tu fais ta timide derrière la petite mèche qui couvre une partie de ton regard, mais on n’est pas dupe, t’es désirable. Si tu savais combien on est à fantasmer sur toi…

2011,
J’ai bien envie de t’étreindre et de sentir le parfum au sein de ton creux, là, sous ta gorge. J’ai envie que tu me dises « ça va, ça va aller, je suis là ». Avec ta petite gueule de bonne nouvelle, je sais que tu sauras être le souffle sur les plaies des gens qui souffrent, des gens qu’on aime.

2011,
Tu vas avoir le bon goût de nous faire faire les bons choix, autre que « Fromage ou dessert ? Ti punch ou Grand punch ? Ma maîtresse ou une pension alimentaire ? Blackberry Torch ou Iphone 4 ? ».
(Note de l’auteur : la liste est là aussi, non exhaustive. En ce qui me concerne, c’est fromage Et dessert, pas d’alcool, mon foie a du boulot jusqu’en juin, je ne suis pas marié et ce sera Iphone 4… ou Blackberry… euh… et merde…)

2011,
Je vais te coller dans mon cœur, comme un syndicaliste met soigneusement son sticker CGT sur son blouson avant d’aller manifester pour tout, pour rien ou pour juste aller manger une merguez de chez Marcel, paske y a pas à dire, Marcel, dans la r’morque d’son van tout pourri, y fait des merguez qui tuent. (littéralement, à long terme, l’abus de merguez est nocif pour votre colon, pensez-y)

2011,
Tu vas nous rappeler que l’humour, ce n’est pas de se foutre de la gueule de l’autre quitte à se faire virer d’une radio. Tu feras appel à l’esprit pour nous montrer que la paille dans l’œil du moqueur est bien plus drôle.

2011,
Tu permets que je te mette mon manteau sur tes épaules, je voudrais pas que tu t’enrhumes. Bah ouais, ton prédécesseur, il a laissé la porte ouverte et Dieu en a profité pour déplumer ses oies. C’est joli, c’est tout blanc, mais ça caille sévère.

2011,
Je veux bien qu’on sorte ensemble, mais histoire de ne pas être déçu, on ne va rien se promettre. On va simplement se caler dans le cou de l’autre les jours de pluie sous la couette. On se dira qu’on s’aime quand ça bouillira dans le bidou. On tirera pas des plans sur la comète, parce que c’est une espèce protégée les plans.

2011,
On gardera juste un espace entre toi et moi. Un nid, un lit, un ventre, la paume d’une main ou rien qu’une joue, juste ce qu’il faut pour qu’une surprise vienne s’y nicher.

2011,
Avec le vert dans tes yeux, t’es pas l’espoir, t’es l’Espérance.

Meilleurs vœux à toutes, à tous.

Lilian