Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Archives de août, 2011

« La nuit, en attendant le train » ext.

 » Ça pèse combien un deuil ? La peine, c’est en litres, c’est en coup de couteaux dans le bide qu’on la mesure ?

 

Je regarde ce coucher de soleil, y cherchant un adieu, un geste de la main, tu vois, comme un mouchoir agité par une vieille main depuis un wagon. Le type à la casquette a sifflé, la locomotive s’est mise en branle et puis c’est parti. Et toi, sur le quai, tu cherches un cailloux pour taper dedans, pour t’oublier, oublier tout ça. Oublier ton envie de courir après le train que tu voudrais arrêter et que tu ne peux même pas ralentir. Mais y’a rien à envoyer au loin, surtout pas les souvenirs qui se font trop de plaisir à te revenir dans la gueule. Alors, reçois. Et avale.

Avale.

Derrière chaque rupture, chaque poignée de terre lancée dans un trou, derrière un dos qui se retourne, un dernier mot comme un bouée de sauvetage, une cigarette qu’on écrase comme s’éteint l’incendie sous des paupières trop usées, il y a un chemin. Et chacun ses allées. Et chacun à son rythme.

 

Ça pèse combien un deuil ? C’est long comme un couloir de la mort ou ça emprunte tout ce qu’il y a de plus sinueux dedans ?

Moi, je ferme. Je verrouille, me déshumanise un peu plus à chaque départ. Un jour, enfin, je ne sentirai plus rien. Pas par défi, mais par survie. Un jour, enfin, devant la mort, je serai plus froid qu’elle.  »

 


Mes Belles Auteur(e)s

Ce n’est pas grand chose, mais si j’arrivais au moins à convaincre une personne d’acheter un des deux livres dont je vais parler en quelques mots, j’aurais gagné ma journée.. du moins, la nuit durant laquelle j’écris ce post.

Sigolène et Caroline écrivent. Et pour vous parler d’autre chose que de leur production dont j’ai pu en lire quelques extraits, je voudrais juste mettre quelques lignes ici pour elles. Pour celles et ceux qui se disent qu’ils les connaissent à travers moi, vous avez pu les voir dans « M’en fous la mort » que nous avons joué au Théo Théâtre en 2007.

Sigolène, c’est Peter Pan qu’on aurait mixé avec Le Kid de Chaplin. Rien que pour ça, elle est adorable. Elle vous regarde en se planquant derrière ses cheveux en bataille, sa bouche pleine de dents passe son temps à s’ouvrir dans des sourires à chaque fois que vous lui racontez une histoire. Sigolène, c’est « il était une fois… ». Je lui en écrirais des histoires tant elle m’en inspire et j’en ferais la fée sur le berceau de mes gosses, si j’en avais bien sûr.

Et elle écrit donc, et bien, et foutrement bien, et terriblement bien. Et elle sort chez Plon et ça calme. Je n’y suis pour rien du tout, mais à chaque fois que je vois son nom sur le livre, j’éprouve une jolie fierté d’être ami avec cette « jolie môme qui s’promène toute nue sous son pull qu’est maboule… » De plus, il y a quelques mois, éprouvant des difficultés devant la reprise des hostilités qui pour redescendre à la mine, elle m’a redonné des notes d’espoirs, de confiance. Pour ça, merci.

Pour en savoir plus sur le livre…

http://www.plon.fr/ficheLivre.php?livre=9782259214469

 Pour Caroline, c’est ici.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=34634

Caroline, c’est une longue histoire d’amitié, teintée de respect, de beaucoup d’amour et d’écoutes mutuelles. Je l’ai découverte dans un petit théâtre où elle jouait une de mes pièces. Le coup de foudre fut total. On ne s’est jamais quitté, montant deux projets de pièce ensemble, en travaillant aussi sur ses premières compositions de slam.

Caroline, c’est une bombe. Dans tous les sens du terme. Et putain qu’elle dépote, une énergie incomparable et, pardon pour les autres, la meilleure comédienne avec qui j’ai pu travaillée. Pourtant, avec les 1001 Scènes, j’ai bossé avec des très bonnes comédiennes. Caroline a simplement toujours eu une espèce de lâché prise qui lui a permis de tenter un peu tout. La mettre en scène, c’est dire « non » pendant des heures. Quel bonheur d’avoir une nana qui ne fait que proposer.

Sur « Des espoirs en bandoulière », on s’est retrouvé à jouer tous les deux, le comédien nous ayant bravement lâché à un mois de la représentation, et l’autre fille qui jouait trouvait plus intéressant d’interpréter un one woman dans son coin. Qu’importe, à chaque fois que je lui prenais la main, je savais que je n’étais pas seul sur scène.

Et elle aussi écrit… Son univers est peuplé d’amour et d’amertume. L’énergie, l’abandon de soi, l’intensité, le foutoir, la force, Caroline ne manie que cela et entraîne tout le monde dans petite tête très habitée.

Alors lisez-les. Non seulement vous découvrirez deux écritures singulières mais en plus vous serez en très bonne compagnie.

Pour terminer, je repense à Sigo qui l’autre jour me remerciait, car elle avait rencontré Caroline par mon intermédiaire et ces deux-là sont devenues indécollables. Alors là, oui, pour le coup, je peux être fier.

On le voit pas sur la photo, mais je portais ces deux nanas sur mes bras… l’insoutenable légèreté de l’amitié.

Merci d’avoir saisi encore ça, Emilie.


Move on

Quoi qu’il arrive, avance.

Les pieds dans la boue, le vent dans la gueule, les genoux qui saignent, avance. Ne te laisse pas détourner, ni par la haine, l’aigreur, la vengeance, les coups du sort. Même plié, avance.

Je me suis retourné bien des fois pour dire « ça va, t’en fais pas, ça ira ». Et les mains tendues n’ont été que des ancres jetées à la mer pour ne plus bouger. Pour couler avec.

Alors, dans la faiblesse, dans la maladie, dans la rupture, dans les « ça tangue », avance. Ne te retourne pas. Mais je n’oublie rien. Jje suis la somme de tous ceux, de toutes celles qui m’ont traversé. Je suis l’addition des amours qu’on m’a donné, des caresses qu’on m’a laissé, des mots que l’on m’a confié.

Je n’oublie rien.

Je suis ces hommes qui m’ont détesté, leurs poings qui m’ont frappé. Je suis ces hommes qui m’ont protégé, qui m’ont façonné. Je suis leur fidélité, leur amitié, leur épaule les nuits arrosées ou esseulées.Je suis leur force qui a contenu mes colères.

Je suis ces femmes que je n’ai su aimées et à qui je n’ai laissé que cicatrices ou douleurs. Je suis ces femmes qui m’ont pardonné, qui m’ont ciselé. Je suis ces femmes qui ont cru en moi à s’en oublier. Je suis celle qui regrette, celle qui pleure, celle qui rit, celle qui est restée dans l’ombre,  celle qui a effacé, celle qui me tient la main.

Plus que jamais, ce que je suis, c’est ce que vous avez fait de moi.

Alors, avance, me suis-je susurré, avance en ton nom, puisqu’il est multiple.


Au coeur du mois d’août…

Chères et Chers,

C’est au cœur de ce mois d’août, alors que la chaleur à Londres se fait dans des feux de joies, que les USA se retrouvent AA+ laissant craindre à l’andouillette AAAAA de se retrouver AAAA+, que le réchauffement climatique laisse perplexe les vacanciers un tube de protection solaire dans une main, un parapluie dans l’autre, que Kadhafi chante « Le lac du Conémara » avec Assad dans un karaoké hyper branché de Tripoli pendant que les impôts d’un bon nombre d’européens leur donne le spectacle d’un beau feu d’artifices, alors que les radiations de Fukushima ont été bien élevées, comme celles de Tchernobyl et ne sont pas rentrées en France, de peur sûrement de se faire expulser par le ministre de l’intérieur…

… c’est donc au cœur de ce mois d’août où on se dit que finalement, les aztèques et leur connerie de fin du monde en 2012 ont peut être pas complètement tort et que si c’est le cas, ce serait pas mal de terminer sur un titre de champion d’Europe même s’il reste à savoir qui est le prochain Platini (ouais, je suis comme ça, je préfère Platini à Zidane)…

… au cœur donc de ce mois d’août où doit se tourner le 67ème film de Kad Mérad sûrement aussi mauvais que les 67 autres qu’il a en prévision et où il serait doux de découvrir des comédiens aussi fantastiques comme Yannik Mazzilli, Jérémy Malaveau, Caroline Mouton, Emilie Deville, Aurèle Dauverchain, Anthony Salmero, Déborah Esther, Carole Deffit, Florian Maubert, Valérie Fruchout, Valérie Lesort ou encore Philippe Chaine ou Etienne Giraud…

… donc, ce mois d’août là, machin, truc, je m’égare, de Lyon…

Bref. L’auteur que je suis participe à un concours de pièces de théâtre qui s’arrête le 20 août, j’y ai déposé un texte à la lecture de tout le monde. Vous pouvez le lire et voter. Ou vous pouvez simplement voter si vous avez confiance en moi, c’est un très bon texte, c’est ma mère qui le dit, même si elle ne l’a pas lu. Mais elle me fait confiance.

Vous aussi, amis, ami(e)s, famille, relations professionnelles d’un soir, en devenir ou depuis toujours, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant.

Puis descendre jusqu’à « Les pieds dans le vide » et cliquer sur VOTER.
Et avec tous mes remerciements d’avance, n’hésitez pas à faire circuler ceci autour de vous ! Si je gagne, c’est ma tournée ;o)

Merci et à très bientôt

Lilian


I am, am I ?


Avignon, c’était comment ?

Je le dis, c’était comme ça :

http://www.laprovence.com/article/avignon-off/des-accordes

 

Content de voir que le message est passé. Et le meilleur est à venir.


De l’aide

Il n’est pas vraiment dans mes habitudes de faire ceci, mais l’idée est amusante. Alors, du fond de votre lit, à regarder la pluie tomber si vous êtes à Paris, sur la plage en Corse à déguster un mojito ou deux ou trois, sur une planche de surf ou dans le farniente le plus complet à regarder les infos confirmer que la fin du monde est bien pour 2012, prenez un peu de votre temps pour venir lire et voter (pour moi, ce serait mieux) sur ce concours

=> http://www.welovewords.com/documents/les-pieds-dans-le-vide

Ca vous donnera en plus l’occasion de lire un inédit. Et puis, ça ferait tellement plaisir à Laure-Hélène qui m’a envoyé l’annonce de ce concours… A vos clics, chers lecteurs, lectrices, amis et soutien (et celles et ceux qui font tout ça à la fois).

Merci.