Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Une Femme Debout 8

Si.

Si tout ça… Si. Si ça devait…

Si. Je dis si, il faut que tu m’écoutes.

Si on devait se pencher sur moi un jour, demain, ou dans cent ans, qu’importe, mais si on devait se pencher sur moi et que je ne sois pas en train de feinter, eh ben, tu vois, j’aimerais pas voir des larmes. Je veux dire, je pourrais comprendre la tristesse, mais je te le dis, ça me ferait chier. Vraiment, parce qu’il n’y a rien à faire, quelqu’un dans ma position se sentirait invariablement comme… coupable de faire du mal. Même si je sais que directement, non, ce n’est pas moi, ce ne serait pas moi, c’est juste, que putain, je voudrais pas.

Dis-leur, hein, juste… Si.

Si.

Si c’était ça un jour, demain, ou dans cent ans, on s’en fout, mais si on devait se pencher sur moi, je voudrais que ce soit avec la joie dans le cœur, la joie dans le cœur de m’avoir connue, de m’avoir vue bourrée, gaie, chiante, heureuse, un peu conne ou injuste parfois. Je veux voir la joie des gens qui m’auront traversé, que j’aurais traversés. Je voudrais qu’ils me le disent ce « revoir », que c’est rien, que ça fait chier, oui, mais que je leur ai apporté tout ce que je pouvais de bonheur et qu’ils me le disent avec des larmes de joie.

Faudrait bien leur préciser, hein, la joie. Je sais qu’il y en a qui comprendront pas, qui enfreindront la règle, mais c’est aussi pour ça que je les aurais aimés ceux-là.

Si.

Si, vraiment c’était ça qui m’attendait, j’aimerais pas voir les visages déchirés par la tristesse, les flots de larmes que je n’aurais même plus la force d’essuyer sur leurs joues. Je voudrais qu’ils me fassent tous un cadeau, qu’ils me montrent, tous, toi, mes enfants, mes parents, mes amis, mon âme sœur, je voudrais tous qu’ils me montrent ce qu’ils vont devenir. Je veux le savoir avant tous les autres, je veux savoir comment ces petits grandiront, ce qu’ils feront. Je voudrais partir avec l’avenir en tête, tu comprends ?

Comme ça, quand on se retrouvera, je verrais si chacun a tenu sa promesse.

Je dis ça. Mais c’est si…

Si.

Si, je te dis.

Et là, si je garde les yeux fermés, c’est pour feinter.

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Une Réponse

  1. Elisabeth

    Splendide ….. comme elle est belle cette femme. J’ai beaucoup de chance d’avoir croisé son chemin …… un jour …. par hasard …. je me suis attachée à elle et à sa vie.

    Merci Lilian pour le bonheur, l’énergie, l’espoir, le courage que tu nous donnes par l’intermédiaire de tes mots. C’est un réel plaisir de te lire encore et encore ….
    De tout coeur MERCI !

    septembre 5, 2012 à 2:41

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