Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Avignon 2

Avignon a  commencé et la bataille bat de son plein. Remplir les salles de spectateurs et de ces spectateurs tant convoités, les programmateurs… On n’est pas trop mal parti avec les « Des accordés ». Le spectacle commence à être connu et on sait qu’il plaît. On continue le combat. Le « One man emploi show » de Kader peine un peu pour le moment pour trouver son public. C’est un lancement, forcément c’est difficile. Mais j’ai trop foi en la personne de l’initiateur de ce spectacle et la qualité de ce qui s’y dit pour que ça ne décolle pas. Le week-end du 14 juillet sera, de toute façon, le révélateur pour tout le monde.

Pour les autres, j’ai vu deux beaux spectacles. Deux seules en scène. Le premier, de Marion, qui s’est inspiré de plusieurs de mes textes pour écrire le sien « A mourir aux éclats », est vraiment bien. Vraiment. Marion est une belle personne qui se donne les moyens d’aller au bout de son envie. Son spectacle tient plus que la route, il a enfin une vraie colonne vertébrale et si le sujet, le suicide, est pas simple, elle s’est formidablement emparée de l’humour doux-amer qui me caractérise pour donner une pièce au public tout en férocité qu’en tendresse. Et ça part très bien aussi pour elle. J’en suis ravi, heureux. Bravo.

Vu aussi Fani Carenco et son « Il suffit d’un train pour pleurer ». Fani est un auteur avec un univers incroyablement personnel. Là où je mets de la distance dans la douleur, elle, la rend présente, poisseuse, moite. Elle vient nous coller à la peau et impossible d’y résister. La demoiselle d’une trentaine d’années a l’air d’avoir vécu deux ou trois vies avant celle-là. Ses mots sont d’une force incroyable et l’humour sort de tout cela comme une petite baffe derrière la tête pour éviter tout risque de pathos. Elle est mon auteur préférée. Elle porte une idée du théâtre, une utopie, une ambition que je partage dans les moindres recoins.

Alors, même si je suis un peu moins touché par la mise en scène qui n’est pas d’elle, je vous conseille d’aller la voir à la Fabrik Théâtre à 22h30, gifle assurée. Et en plus de l’auteur, vous la découvrirez en tant que comédienne enfiévrée, d’une palette de jeu fantastique, à la fois sensuelle et désincarnée, puissante ou fragile, posée et électrique.

Et dans la vie, Fani, elle ne parle pas d’elle, elle écoute les autres. Grande.

 

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Une Réponse

  1. birdy

    Avignon est fini…mais reste de beaux liens, fruits de rencontres chaleureuses et légères.
    Bonne continuation au « Clan L »! Continuez à être vous mêmes et chouchoutez vos beaux personnages….

    Amitiés et…à très bientôt!

    juillet 27, 2013 à 9:52

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