Journal d'un auteur contemporain pas encore mort

Text for Guy

Rencontre de 3 types

Mon cher Guy,

C’était en février 2012. Sur cette photo, alors que je regardais avec tendresse mon Paul Claudel, directeur de la maison des Ecritures de Lombez, où j’étais alors en résidence, tes yeux à toi ne quittaient pas la photographe picarde qui se révéla être, par le plus grand des hasards (ou pas), la fille de ton élève préférée dans les années soixante lors que tu enseignais à St Quentin. Lors de ces quatre mois passés loin de Paris, Paul m’avait fait te rencontrer et j’ai bu chacune de tes paroles, de tes anecdotes tout en caressant ton magnifique Chow Chow. Alors que tu m’ouvrais un peu les yeux sur la littérature ou que tu me parlai de ton retour de la guerre d’Algérie pour l’écriture de ma pièce, je t’initiais au fonctionnement du blog.

Nous avons bu, partager, tu m’as fait découvrir ce qu’était un véritable cassoulet et à plus de 80 printemps, tu galopais tous les lundis matins où nous nous croisions au marché de Samatan. Tu venais voir mes textes que je donnais en lecture à Lombez, tu m’apportais ton éclairage et je n’avais que mon rire d’inculte à opposer à cet extraordinaire savoir qui était le tien. Tu me prêtas ta vieille voiture lorsque la mienne rendit l’âme et Dieu te dira combien j’ai de l’affection pour toi. Même si je ne suis pas sûr que tu croyais véritablement en lui…

Dans tes derniers voyages, tu es remonté en Picardie, revoir cette élève, Françoise, la mère d’Emilie que tu aimais tant. Ce diner, nous en avons souvent reparlé avec elle et cela reste un moment exceptionnel qui concrétisait une coïncidence encore plus exceptionnelle. J’en étais heureux pour elle, pour toi.

Depuis hier, tu es dans mes pensées et ce matin, la voix de Paul m’a davantage éclairé sur le pourquoi de ces pensées. On dira que tu t’es libéré de la douleur et qu’enfin, tu as pris un peu de hauteur.

Merci Guy de m’avoir fait partager ces moments, de m’avoir rendu un peu moins con. Le vide que tu laisses là-bas est gigantesque, abyssal. Moi, ce creux dans le cœur que j’ai aujourd’hui, je l’aménage pour t’y laisser une autre place, celui de ton regard chaud et bienveillant.

Merci.

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