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« On ne voyait que le bonheur » 10h15 Atelier Théâtre Actuel – OFF 2017

Soyons clair la Cie,

Je vais te dire, je vais pas être dithyrambique, dans ce qui suit, tous les superlatifs utilisés sont pesés et pensés surtout. Ce matin, j’ai profité du seul bonheur d’Avignon, celui d’aller assister à des pièces de théâtre. Souvent, c’est aussi l’occasion d’aller soutenir des copains ou le travail des gens qu’on aime bien.

Alors, je te le dis, la seule raison qui me donne encore envie de faire ce métier, c’est de voir et de tendre à faire des spectacles comme « On ne voyait que le bonheur » à l’Atelier Théâtre Actuel à 10h15.

Bien sûr, il faut voir les choses avec un peu d’objectivité, mais l’objectivité dans l’art, c’est tout le problème Hegelien « peut-on juger l’art quand le jugement est objectif et l’art, subjectif ? » Oh, je ne vais t’assommer ici et te dire que c’est la plus belle pièce que j’ai vue, que c’est la meilleure mise en scène, que ceci, que cela. Je vais être plus simple.
Tu vois, c’est comme dans un couple, ta nana, ton mec, c’est peut-être pas la plus belle, pas le plus fort, pas la mieux gaulée, pas le plus intelligent, mais tu me le diras, c’est celui dont tu as besoin. Point.

« On ne voyait que le bonheur », c’est la pièce dont j’ai besoin. Re Point.

Parce que c’est fait avec grâce, avec finesse, avec humanité, cette quête de pardon sur un sujet des plus casses gueules, est un sommet de ce que j’ai pu voir. Je te parle pas de pleurer à chaudes larmes ou pas, je te parle de ce qui te touche, de ce que tu gardes avec toi, longtemps et qui va bouger un, deux ou mille galets sur la plage qui te compose.
On te prend la main et on te dit « ça va faire mal, parce que c’est comme ça, la vie, ça commence pas dans l’extase, ça début dans le sang, dans la douleur et au final, même si ça finit dans le trou, va y avoir des choses fantastiques à l’intérieur ». Et là, c’est parti pour 1h20 de vie(s).

Je ne connais pas le livre que Gregori Baquet a adapté, mais le travail est admirable. Murielle et lui forment un couple au diapason. La moindre vibration de l’un fait résonner la musique chez l’autre. Ils composent un tourbillon d’émotions, de forces contraires, de corps qui s’entrechoquent comme tu verras rarement ça. La scénographie, la lumière, racontent elles aussi leur part d’histoire.

Voilà, je l’ai dit à Greg, à Murielle, Putain de merci pour ça. A celles et ceux qui croient aussi en ce spectacle qui vise juste à chaque minute, bravo de miser là-dessus. Moi, c’est l’humain que je traque quand j’écris, quand je mets en scène, l’humain dans ce qu’il est capable de faire de beau, de laid. Dans « On ne voyait que le bonheur », on ne voit que l’humain, moche, beau, maladroit, drôle, attachant, en colère, apaisé. Et on ne voit que le talent et la générosité de ses interprètes.

Oui, mon premier spectacle d’Avignon sera le meilleur de tout le mois. Je peux même voir des ratages, ça ne va rien me gâcher de cette merveille.

***

Et pour finir, je poste ceci sur mon blog, après l’avoir fait sur ma page officielle, parce que certains ne la verront pas. Une journée plus tard, les sentiments n’ont pas bougé. C’est comme lorsque tu rencontres quelqu’un, quelqu’un que tu attendais en fait, sans que tu le saches. Tu finis donc par le croiser et même si c’est fugace, ce qu’il te laisse, c’est une jolie marque. Cet été, ici, il n’y aura rien de plus évident que ce spectacle.


Vlloyd – Episode 5


Avignon 2015, l’after show

Ma petite entreprise…

… Ce festival se referme pour moi alors que le train m’emmène loin d’une chaleur étouffante qui nous a privés d’une centaine d’heures de sommeil. Et d’un appartement à vingt minutes des remparts qui nous aura permis de défoncer podomètres et chaussures. Avignon 2015 m’aura autant tué que fait renaître.

Des rencontres prometteuses qui, j’en suis tant persuadé, vont construire les années à venir. Jusqu’ici, je me battais pour glisser un pied dans l’entrebâillement de la porte et, l’air de rien, j’ai été surpris de voir à combien de tables j’ai pu être invité et mon écriture convoitée. Evidemment que dans les semaines et dans les mois à venir, il y aura de la casse et des paroles balayées aussi vite que les affiches au sein des remparts dès lundi matin.

Qu’importe, je regarde ces graines semées depuis tout ce temps et qui donnent enfin les fruits d’un labeur incessant de vingt ans. La route est longue et dans ce virage, bien des mains tendres étreintes avec confiance et des sourires qu’il me tarde déjà de revoir.

Ma petite entreprise. Et tant de mots à donner.

Et si j’ai pu vivre ces émotions-là, c’est bien grâce à des fous furieux qui se sont lancés corps, cœurs et âmes dans l’exploitation des deux pièces de cette année, « Viens, on s’en fout » et « Si tu me quittes, je viens avec toi ». Deux pièces avec des apostrophes au spectateur, qui s’est senti invité à venir pointer sa curiosité dans les deux salles.

Ma petite entreprise… Déborah, Alex, Ludivine, Christophe, Jen, Serge, Manue, Olivier, chacun a œuvré pour donner le meilleur de soi. Certains en ont fait plus, toujours plus, se sont battus pour afficher plus, et plus haut et paradé plus fort. Sur scène, en régie, en coulisses, j’en ai vu se livrer sans retenue, d’autres entrer en résistance et se lâcher au fur et à mesure. Les aventures humaines et ses frictions et le noir final et les applaudissements qui réconcilient. Avignon et les textes qui bougent, qu’on coupe, qu’on adapte, des certitudes de la veille qui explosent, l’exigence et les fausses pistes et l’incessante même question « le théâtre, c’est… c’est… mais putain, c’est quoi ? »

Venir trouver des éléments de réponse dans l’incroyable poésie fine du « Pourquoi ? » si drôle et si bien interprétée par cette perle d’être humain que peut être Michaël Hirsch, ou alors dans le regard plein d’espoir posé sur ce que nous sommes dans « Tant qu’il y a les mains des hommes » de Violaine Arsac. Et la claque d’interprétation de Pierre Azéma dans son « Jekyll et Mr Hyde », on en parle ? Et « Naturellement belle », qui donne tant de joie à le voir. Et « Une diva à Sarcelles » de Virginie Lemoine, si touchante performance d’actrice sur un dialogue ciselé. Ou enfin « La colère de Dom Juan » de Christophe Luthringer, un homme libre qui tente, qui prend des risques, qui ose et dont l’exigence trouve un écho terrible en moi…

J’en ai vu, j’en ai trop loupé aussi, mais c’est invariablement la même rengaine. Ma petite entreprise. On s’appelle ? Pas le temps. Courir. Accueillir les pros. On s’appelle ? Un rendez-vous. Un autre. Une table ronde. T’as des invits ? On s’appelle ? Elle est à combien ta détaxe ? Y’a un enfant de salaud qui nous a retiré nos affiches. On se voit aux corps saints ? On s’appelle ? T’as du monde, toi ? Une place achetée, une offerte. Donc, ça marche pas pour toi ? On s’appelle ? Oui, ça fait six fois que tu me tractes aujourd’hui. Y’a moins de festivaliers cette année, hein ? Fait chaud. Fait chaud, non ? Fait chaud, putain ! On s’appelle ? Nan, demain, je peux pas, je pars. Merde, j’ai pas vu ça. Ni ça. Ni lui. Ni l’autre.

On s’appelle pour se voir à Paris ?

Merci aux Stéphane, Violaine, Michaël, Thibaud, aux Christophe, Gaëlle, Bénédicte, Virginie, Suzanne, Hélène, à celles et ceux que j’oublie dans ce foutu manque de sommeil, d’éclairer les serrures de tant de portes à ouvrir. Ensemble.

Sur ce, bonne nuit, j’ai un oreiller à écraser.


Avignon 2015 !

Chères et Chers,

Du 4 au 26 Juillet, le Festival Off accapare toutes les compagnies de théâtre et c’est la grande bagarre qui commence pour se faire une place parmi plus d’un millier de spectacles en tout genre.

Cette année, « Des accordés », après 4 années de bons et loyaux services, laisse sa place à ses deux enfants ! Je vous les présente rapidement. stmq

Tout d’abord, c’est « Si tu me quittes, je viens avec toi » qui, après plus d’un an et demi d’exploitation à Paris vient se frotter au public de la cité des Papes. Nous avons spécialement concocté une version pour cet Avignon, plus drôle,  plus efficace et toujours plus dynamique avec la même équipe de feu qui l’anime ! Alors, en seconde partie de soirée, pour se quitter en bon terme avec une longue journée théâtrale, rien de mieux que cette pièce sur les ruptures !

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Et vous découvrirez « Viens, on s’en fout ! », la suite spirituelle de « Des accordés ». Lors d’un jour particulier, Leslie et Tristan se rencontrent et à mesure que le monde s’écroule étrangement autour d’eux, ils partent à l’aventure avec un seul mot d’ordre, s’aimer ! Le tout narré par un personnage intriguant, léger, drôle et ma foi, complètement barré ! C’est doux, c’est amer, oui, c’est un peu ma signature et je suis très heureux de créer ce spectacle cette année avec une équipe ô combien magnifique et sensible.

Pour les adresses et les horaires, tout est sur les images, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire… On s’y retrouve ?

 

 

 

 

 


Avignon

Pour aider celles et ceux, nombreux (au moins les 30 qui suivent ce blog), qui viennent en Avignon (ou à Avignon, ça dépend de votre religion), voici un article pour vous présenter les 3 spectacles dans lesquels vous retrouverez du Lloyd ! Pour les possesseurs du journal off, page 239, 253, 308. Pour les autres, voici ce qui vous attend !

DeboPoster2013 (2)

Pour la 3ème année consécutive, vous pourrez retrouver Débo et Anthony dans « Des accordés ». On n’est pas peu fier d’être arrivé à 150 représentations pour un spectacle sans prod derrière. La pièce est dans sa maturité et sera présentée dans sa version courte (Avignon oblige), mais l’émotion, le sourire seront encore au rendez-vous. La comédie romantique, ça se passera ici.

LAURETTE THEATRE AVIGNON
14 rue Plaisance « Place Crillon »
Accès 16-18 rue Joseph Vernet Avignon
EX-Funambule // Salle climatisée
 
17h05 – Représentations du Vendredi 5 Juillet au Mercredi 31 Juillet 2013 – Festival Off

AmaeAvignon

Marion Saussol est une comédienne avec de la suite dans les idées. Ce sera la seconde fois qu’elle retourne avec son spectacle au festival. La demoiselle est culottée, prend un sujet pas simple, comme le suicide et en tire un spectacle qui ne laisse pas indifférent. C’est drôle, c’est acerbe, mordant et en plus, vous découvrirez une fille capable d’interpréter un grand nombre de personnages. Elle a écrit, d’après un certain nombre de mes textes, mis en scène et porte la production de son spectacle sur ses épaules. Chapeau. Moi, j’y retourne, et vous ? Toutes les infos sont sur l’affiche !

FLYER_PRINTpage1

Enfin, voici un One Man d’un genre particulier. Kader Nemer est conseiller Pôle Emploi dans la vie, mais il a deux autres talents. Il écrit vachement bien et c’est superbe comédien. Alors, voilà, on s’est rencontré l’année passée et on s’est dit qu’on pourrait bosser ensemble en sortant un One man sur le monde de l’emploi. Et dieu sait que c’est d’actu ! Kader est un être humain que je juge d’exceptionnel. Venez découvrir son univers drôle, jamais méchant, même si le sarcasme effleure par moments. Ce type pourrait être remboursé par la SECU, je vous jure. Venez, moi, j’ai pris un plaisir immense à bosser avec lui.

Tous les jours à 19h30

Théâtre de la Porte St Michel

23 rue St Michel, 84000 Avignon

Je vous ai tout dit. On s’y retrouve ? J’y suis du 7 au 22…